Note

Bienvenue sur mon blog. Vous y découvrirez mes derniers coups de cœur ou mes dernières déception littéraires. Si vous n'êtes pas d'accord avec moi à propos d'un livre... n'hésitez pas à le faire savoir en donnant votre avis ... Bonne visite

28 oct. 2008

Quel petit vélo chromé au fond de la cour ?


Quel petit vélo chromé au fond de la cour ?, de Georges Perec


Résumé

Karakiri, Karatruc, Karajeanne ou Kraraplouk... Bref son nom n'est pas important mais il ne veut pas aller servir en Algérie pendant la guerre d'indépendance. Il se confie alors à Henri Pollak qui décide de l'aider avec deux de ses amis. Mais comment faire pour que ce Karamachin se fasse réformer ? Heureusement, ils ont presque autant d'idées que de litres d'alcool ingurgités et de kilomètres parcourus sur le vélomoteur (à guidon chromé) pétaradant.


Analyse

L'intérêt du livre ne réside pourtant pas dans cette histoire complètement loufoque mais bien dans le style de Georges Perec qui nous livre un véritable florilège de figures de styles ou "fleurs et ornements rhétoriques" selon lui. Les figures de styles utilisés sont d'ailleurs précisées à la fin du roman pour ceux qui voudraient aller un peu plus loin.



Extrait

"Et le lendemain, à peine la douce Aurore aux doigts boudinés eut-elle tiré du lit, non sans difficulté, le gars Phoebus, que le Pollak Henri, redevenu margis chez les tringlots, dévalant les boulevards périphériques de toute la vitesse de son pétaradant petit engin vélomotorisé dont les garnitures de frein venaient d'être entièrement révisées, alla porter la bonne nouvelle à son brave copain Karawurtz, à savoir que lui Pollak Henri et ses potes à lui (c'était nous ses potes à lui), on allait y casser le bras tous en choeur et en douceur un jour prochain qu'il viendrait en ville et qu'ensuite il n'aurait qu'à raconter qu'il a glisssé sur la peau de banane du grand plongeoir mécanique de la station de métro Tourelles et que, même si l'on en doute, la section psychothérapeutique du bataillon prendra l'affaire en mainet qu'il serait tranquille pour un bout de temps et que les Français, ils sont rejetés à la mer, les femmes et les enfants d'abord, les veuves ramenées dans leur douaire d'origine et l'armistice c'est dans la poche et la paix elle est signée."



Mon avis

Je n'en attendais pas moins de George Perec. On ne peut rester qu'admiratif devant un tel usage de la langue française. La lecture de ces cent pages m'a laissée tout simplement bouche-bé et m'a donné envie... de le relire encore et encore. On ne s'en lasse pas : le texte étant tellement riche que l'on découvre de nouvelles choses à chaque lecture.
Je le conseil vivement à tous les amoureux de la langue française et à ceux qui voudrait enrichir leurs connaissances des figures de styles.



Référence

Edition Folio
Parution: 1936
ISBN: 2-07-037413-0

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23 oct. 2008

L'Elégance du hérisson

L'Elégance du hérisson, de Muriel Brabery

Résumé

"Je m'appelle Renée, j'ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."

Extrait


"Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle et aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes".

Analyse

Le livre suit tour à tour l'histoire des deux personnages principaux avant qu'elles se rencontrent grâce à un nouveau venu dans l'immeuble. D'abord, Renée Michel, la concierge, s'efforce de maintenir l'illusion en portant la panoplie de la parfaite concierge, par exemple en laissant la télévision allumée alors qu'elle est en fait une passionnée de littérature, art, philosophie, science...
Ensuite, Panopla, collégienne de 12 ans a projetée de se suicider le jour de ses treize ans. Elle décide cependant de faire quelque chose d'utile avant la date fatidique. Elle écrira donc un journal où elle notera toutes ses réflexions sur sa famille ou la vie en générale.
Mr Ozu en emménageant dans l'immeuble ne mettra pas longtemps à démasquer nos deux personnages et à les unir grâce à leurs passions communes pour la culture japonaise.
Ce roman mène alors une véritable analyse des préjugés qui séparent les classes sociales, sur la vie en général et sur la culture et boulverse les stéréotypes et idées reçu.

Mon avis


Je ne vais pas être très original en disant que l'Elégance du hérisson est un livre sublime, tant par la forme que par le fond. On s'attache très rapidement aux deux personnages et à leurs histoires à la fois drôles et émouvantes. Les moments plus "philosophiques" sont très intéressants. Certains passages restent cependant réservés aux passionnés de films japonais ou de Tolstoï. Le livre reste tout de même accessible à tous grâce à une écriture limpide et d'une grande finesse.
A lire absolument !


Récompenses

2007: Prix des librairies
2006: Prix George Brassens
2007: Prix Rotary



Référence

Edition Gallimard
Parution : 2006
ISBN: 978-2-07-078093-8
356 pages


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19 oct. 2008

Globalia


Globalia, Jean-Christophe Rufin
Couverture du livre édition Gallimard
Résumé

Globalia est le nom d'une démocratie gouvernant la Terre
dans un futur plus ou moins proche. Les "dirigeants" y appliquent un principe sans faille: "
La liberté c'est la sécurité, la sécurité c'est la surveillance, donc la liberté c'est la surveillance".


Cette démocratie où la vieillesse a été vaincue et chaque citoyen peut vivre librement apparait comme idéale. Pourtant, elle présente rapidement de nombreux défauts. Ce monde se présente standardisé, basé sur la propagande, la consommation et laissant une partie de la planète dans la misère et la pauvreté.


C'est ainsi que Baïkal, un jeune homme de 20 ans, tente de s'échapper des
"zones sécurisées" de Globalia pour "les non-zones" où il est formellement interdit de pénétrer pour un Globalien. Il entraine avec lui
Kate, une jeune femme du même âge.


Le jeune couple est vite rattrapé par les autorités et le jeune homme va être
contraint par un viel homme mystérieux tirant les ficelles de Globalia, à servir d'ennemi public indispensable d'après lui pour maintenir la "paix" et la "démocratie" et à s'exiler.

Kate va alors tout tenter pour le retrouver. Elle sera aidée par un jeune journaliste, Puig récemment mis à la porte de son journal après avoir voulu dénoncer les pratiques douteuses de la protection sociale, l'organisme chargé
de la sécurité.


Extrait

« – Tu ne comprends pas, Kate. Ce sera partout la même chose. Partout nous serons en Globalia. Partout, nous retrouverons cette civilisation que je déteste.
– Évidemment, puisqu'il n'y en a qu'une ! Aurais-tu la nostalgie du temps où il y avait des nations différentes qui n'arrêtaient pas de se faire la guerre ?
– Tu me récites la propagande que tu as apprise comme nous tous. Globalia, c'est la liberté ! Globalia, c'est la sécurité ! Globalia, c'est le bonheur !
Kate prit l'air vexé. Le mot de propagande était blessant.
– Moi, reprit Baïkal d'un ton passionné, je continue à croire qu'il existe un ailleurs. »



Analyse

Globalia est bien plus qu'un roman d'anticipation. L'auteur nous précipite dans une réflexion sur notre société mondialisée si certains éléments étaient poussés à l'extrême. L'auteur pousse les défauts du monde d'aujourd'hui et nous présente ce qu'il pourrait devenir dans un futur plus ou moins lointain. On y observe une fracture définitive entre les pays du sud et les pays riches, une peur obsessionnelle du terrorisme, le dénie de l'Histoire ("La procédure est toujours la même [...]. Il faut laisser l'histoire de côté. Le plus important, c'est de choisir quia tort. [...] On observe attentivement les deux camps qui s'affrontentet on voit comment chacun s'y prend. Il y en a toujours un qui est plusinsolent, plus agressif, moins adroit. On déclare quecelui-là est le méchant.") et de la vieillesse.

Ce roman nous laisse également réfléchir sur les fondements de la démocratie globalienne garantissant l'intérêt des dirigeants des grandes entreprises en instaurant la peur pour consolider la société: "Croyez-moi, un bon ennemi est la clef d'une société équilibrée".

A l'inverse des sociétés dictatoriale qui interdisent toute liberté, à Globalia, c'est l'omniprésence de la liberté qui maintient le système en place et qui paradoxalement détruit la liberté, un peu comme une dictature du bonheur "Chaque fois que les livres sont rares, ils résistent bien. Àl'extrême, si vous les interdisez ils deviennent infiniment précieux.Interdire les livres, c'est les rendre désirables. Toutes lesdictatures ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait lecontraire : on a multiplié les livres à l'infini. On les a noyés dansleur graisse jusqu'à leur ôter toute valeur, jusqu'à ce qu'ilsdeviennent insignifiants."




Mon avis

Sur le fond, le livre est parfait. L'auteur réussi à mener sa réflexion en menant un parallèle entre la société présentée et la société actuelle. La présentation de Globalia dans les descriptions est à la fois effrayante et bien construit. Pourtant elle comporte de nombreuses contradictions et est incomplète.
L'histoire est elle un peu pauvre et décevante, la fin est un peu trop rapide et les ressemblances avec 1984 de George Orwell trop nombreuses.

Je conseil donc ce livre fortement pour sa description de la société et de la réflection qui s'accompagne. Les ressemblances avec le monde actuelle sont alors troublant et amène le lecteur à se questionner sur les maux de notre société.



Référence

Edition Gallimard
Parution : 20 déc. 2003
ISBN: 2-07-073729-2
495 pages



A lire aussi

1984, George Orwell
Le meilleur des mondes, Aldous Huxley


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